Soutenance de thèse de Marco Fiorini

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Marco Fiorini, doctorant au sein de l’EDITE (ED 130), a effectué sa recherche intitulée « Instruments co-créatifs pour l’interaction musicale improvisée » au sein de l’équipe Représentations Musicales de STMS (IRCAM, Sorbonne Université, CNRS, et Ministère de la Culture) sous la direction de Gérard Assayag et co-encadré par Hugues Genevois.

La soutenance aura lieu en anglais le Lundi 31 Août 2026 à 15h en Salle Stravinsky. Elle sera retransmise sur Youtube : https://youtube.com/live/Gh8u30oYD68

Le jury sera composé de : 

  • Gérard ASSAYAG – IRCAM - STMS – Directeur de thèse
  • Alain BONARDI – Université Paris 8 – Rapporteur 
  • Cheng-Zhi Anna HUANG – Massachusetts Institute of Technology – Rapporteuse
  • George E. LEWIS – Columbia University New York – Examinateur 
  • Nicolas OBIN – Sorbonne Université - IRCAM - STMS – Examinateur 
  • Stefania SERAFIN – Technical University of Denmark – Examinatrice 

L’objet principal de cette thèse est la conception et l’implémentation d’instruments co-créatifs pour l’interaction musicale improvisée. Cette thèse se concentre sur l’introduction d’une agentivité partagée et de comportements autonomes dans l’improvisation musicale humain-machine, faisant passer la conception de la technologie numérique d’un outil passif et réactif à un système musical interactif complet. Opérant dans le cadre théorique du projet ERC REACH (reach.ircam.fr), cette recherche étudie la manière dont les agents artificiels, tels que les agents REACH Somax2, peuvent être dotés de capacités cognitives et perceptuelles suffisantes pour soutenir des dialogues musicaux convaincants, spontanés et symbiotiques avec des interprètes humains.

Pour y parvenir, cette thèse aborde trois lacunes critiques des systèmes musicaux interactifs actuels. Premièrement, sur le plan technique, nous contribuons à combler le « fossé perceptif » en développant un flux de travail d’écoute artificielle en temps réel dédié aux modes de jeu instrumentaux (IPTs). Implémenté via l’externe Max/MSP ipt~ et entraîné sur le jeu de données open-source EG-IPT grâce à un pipeline de bout en bout, cela confère aux agents artificiels une conscience gestuelle plus profonde de leurs partenaires humains, allant au-delà du suivi traditionnel de la hauteur et de l’amplitude. Deuxièmement, nous abordons le « fossé d’autonomie » en introduisant SoVo, un nouvel agencement machinique hybride qui navigue de manière fluide dans la dialectique entre un instrument artificiel purement réactif et un musicien artificiel indépendant. Troisièmement, nous nous attaquons au « fossé d’imagination » en étendant l’environnement basé sur des corpus Somax2 avec des modèles prédictifs d’apprentissage profond, fournissant un premier prototype basé sur le mécanisme de l’Anticipatory Music Transformer pour augmenter en temps réel le corpus d’un agent artificiel. Ce couplage architectural introduit des mécanismes d’anticipation dans le processus de génération, permettant au système de projeter des futurs musicaux stylistiquement cohérents qui s’étendent au-delà des limites fixes de son corpus préexistant.

Notre travail emploie une approche interdisciplinaire de conception basée sur la pratique (recherche-création) pour étudier les potentiels et les affordances offerts par de tels systèmes dans l’écosystème de la performance musicale en conditions réelles et des pratiques créatives. Plutôt que d’évaluer ces modèles de manière isolée, nous avons examiné l’utilisation de ces systèmes co-créatifs par des utilisateurs experts, tels que des improvisateurs et compositeurs professionnels. Enfin, ce travail a pleinement intégré les résultats d’interactions fréquentes avec des musiciens experts dans la conception itérative des modèles et des architectures. À travers de nombreuses répétitions, des ateliers et des performances sur scène dans des conditions réelles, nous avons recueilli des évaluations qualitatives et des retours phénoménologiques pour valider et affiner nos choix scientifiques et technologiques. Cette évaluation située démontre en fin de compte l’émergence de formes de cognition distribuée, de dynamiques co-créatives et d’une agentivité musicale partagée, et ouvre la voie à une réflexion philosophique et esthétique plus large sur la place et la structure du sujet musical au sein de ces assemblages cyber-humains radicalement nouveaux.

Photographie par Nicolas Sok

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